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"Compléter la rénovation du bâti par une action de développement social"
Indicateur Bertrand : Où en est la politique de la ville du Conseil régional ?
Daniel Goldberg : La première barre des 4 000 de La Courneuve a été démolie en 1986, puis trois autres ont suivi. Avec le recul, on discerne que la rénovation du bâti est nécessaire pour améliorer la vie, mais qu'elle n'est pas suffisante : elle doit être complétée par une action de développement social. Si nous ne marchons pas sur ces deux jambes, nous risquons des problèmes. A l'échelle de la Région, l'action consiste à aider les associations qui remplissent de véritables missions de service public, comme celle d'alphabétisation des femmes étrangères. La Région apporte une subvention durant 6 ans aux entreprises à but non lucratif qui créent des "emplois tremplins ", c'est-à-dire des CDI destinés au public en difficulté : 15 000 e/an par poste durant les trois premières années, puis 12 000 e, 11 000 e et 10 000 e ensuite. Jusqu'à présent 1 000 emplois tremplins ont été créés dans l'optique d'atteindre les 10 000 à la fin du mandat. La Région contractualise aussi avec les structures artistiques et culturelles.
I. B. : D'importantes démolitions-constructions sont en cours notamment sur Plaine Commune...
D. G. : L'objectif de Plaine Commune est effectivement de démolir 5 000 logements et d'en reconstruire 6 500 sous la forme de locatif social intermédiaire, mais aussi d'accession à la propriété. Mais cela ne peut pas résoudre tous les problèmes des quartiers en difficulté. Le rééquilibrage du logement social sur le territoire demanderait des mesures plus dissuasives envers les communes qui ne jouent pas le jeu : l'amende de 152 e/an par habitant pour chaque logement social manquant est dérisoire. Personnellement, je pense que chaque construction privée devrait être assortie d'une obligation de 20 % de logement social.
I. B. : Et comment évolue La Courneuve ?
D. G. : En cours depuis plusieurs années, la complète rénovation des 4 000 sud va continuer avec des démolitions importantes, mais aussi une présence privée très significative. Depuis 3 ou 4 ans, les promoteurs posent un regard différent sur la ville à laquelle s'intéressent des familles parisiennes. Ces évolutions permettront de faire revenir le commerce, mais elles ne doivent pas s'opérer au détriment de la qualité du bâti. C'est "gagnant gagnant " ! |