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Indicateur Bertrand : Quelles sont les caractéristiques actuelles du marché de la revente à Montpellier ?
Christophe Jay : Nous avons connu une période qualifiée un peu rapidement d'euphorique alors qu'à mes yeux il s'agissait plutôt d'un emballement. A Montpellier, les prix du marché de la revente ont augmenté, tous secteurs et toutes catégories de biens confondus, il y a six ans et se sont réellement emballés voilà trois à quatre ans. Nous avons assisté à une envolée des prix que nous, professionnels, n'avons pas pu maîtriser. A la Paillade, sur la Comédie ou à Antigone, les prix ont doublé en suivant la même progression, relayée en cela par les médias. Bien au-delà des réelles capacités du marché, les prix pratiqués ont eu pour conséquence d'éloigner les acheteurs locaux et les acquéreurs extérieurs sont même devenus très réticents. Face à la baisse des prix qui devient inéluctable, combien de propriétaires refusent de réduire leurs prétentions sur des biens surévalués. Que les prix soient haussiers sur une période de trois, cinq ou dix ans, c'est normal mais pas d'un mois sur l'autre ! De nombreux vendeurs sont déconnectés de la réalité. Il importe de les informer qu'on ne peut pas vendre n'importe quoi à n'importe quel prix ! Que signifie pour un investisseur d'acheter un studio à 98 000 € alors que celui-ci valait 45 000 € il y a quelques années, pour un loyer sensiblement identique ? Nous devons revenir à la raison, à la règle de l'offre et de la demande. Sans cela, le marché va se scléroser et fragiliser les acquéreurs potentiels. Cessons la surenchère et souvenons-nous que le neuf doit toujours se situer à un prix supérieur à l'ancien. Pour l'équilibre du marché, ce rapport entre le neuf et l'ancien est vital.
(* Fédération nationale des agents immobiliers) |