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"D'ici 4 ans, 1 000 à 1 500 logements sortiront de terre"
Indicateur Bertrand : Quelles sont les tendances du marché sur la côte basque?
Michel Veunac : Un observatoire du foncier sur le Pays basque et le sud des Landes a été mis en place depuis trois ans. Il permet de dégager des grandes tendances : une forte augmentation des prix, de l'ordre de 40 % en moyenne, et un ralentissement du marché, avec des mutations en baisse d'environ 30 % sur cette période. Sur le marché spécifique du neuf, la demande est forte. Mais le secteur est densifié et poursuivre sur cette voie pourrait nuire à son attractivité. Étant données les contraintes environnementales et administratives, nous n'avons pas encore trouvé la solution. Avec une économie touristique à 70 %, on ne peut pas se permettre de construire des immeubles de 8 étages n'importe où.
I. B. : La collectivité a-t-elle des moyens d'interventions pour améliorer l'offre ?
M. V. : Un Plan urgence logements a été mis en place pour augmenter la production de logements par les organismes professionnels de l'habitat. D'ici 4 ans, 1 000 à 1 500 logements sortiront de terre. Un établissement public foncier local verra le jour dans l'année, présidé par Philippe Juzan, adjoint au maire de Saint-Jean-de-Luz et conseiller général. La conjonction de la volonté politique, de subventions et de dispositions fiscales favorables va porter l'action foncière pour les collectivités locales. Une trentaine de communes ont déjà adhéré. Sur le parc privé, la collectivité dispose de moins d'outils d'intervention.
I. B. : Se trouve-t-elle dans l'étalement urbain ?
M. V. : Ce n'est pas souhaitable. On a été peu économe en espace, avec un étalement urbain considérable, une périurbanisation largement diffusée. Cela crée des besoins. Il y a 25 ans, les personnes qui travaillaient sur l'agglomération habitaient à 7 kilomètres en moyenne de leur lieu de travail. Aujourd'hui ils font 25 km matin et soir. Nous étudions les moyens d'améliorer les plans de circulation et de développer les transports en commun, notamment de bus en site propre. L'Insee prévoit 50 000 nouveaux habitants sur la côte basque d'ici à 2015. A Biarritz, la tendance est à la résidence "seconde". Sur nos 22 500 logements, 8 000 sont déclarés comme résidences secondaires, occupées non plus 6 semaines par an mais trois à six mois dans l'année. Il n'est pas normal que des jeunes locaux ne puissent pas trouver à se loger quand tant de logements sont vides une partie de l'année. Didier Borotra, le président du BAB a avancé l'idée d'une taxation de la résidence secondaire. |