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Comment la station de Tignes a-t-elle réfléchi à son urbanisation et à sa reconversion au cours des dernières années ?
Olivier Saragoza : Nous sommes partis d'un constat : Tignes disposait du plus grand nombre de lits de la Tarantaise avec 17 000 lits et un parc immobilier en volets clos ou lits froids assez inquiétant. De plus, cette station de troisième génération, des années 70, lancée avant celle des Ménuires ou de La Plagne, avait besoin d'être relookée. Nous étions assez soucieux de la pérennité de la station, de son tissu local et des remontées mécaniques, d'autant qu'en 2002 il restait très peu de terrains à bâtir. A cela il fallait prendre en compte le plan de prévention des risques naturels (PPRN) qui s'appliquait à quelques uns des terrains restant disponibles. Notre première priorité a été de maintenir la population locale en proposant une offre de logements convenables. Nous avons ainsi suscité la réalisation de 30 logements aux primo-accédants à 2 500 t/m2 mais avec des contraintes en contrepartie. A cela, nous avons, avec l'Opac Savoie, lancé 80 logements HLM pour répondre à des familles que l'absence de logements avait rejeté dans la vallée. Enfin, avec Savoie Habitat, une Foncière Logement, nous avons mis en place des logements mixant une population permanente et des saisonniers. Au total, cet effort a représenté 250 logements et il a rejailli sur l'ensemble du marché immobilier de la station. Quelle a été votre stratégie sur le secteur de l'immobilier de loisirs ?
O.S. : Nous avons cessé d'accorder des permis de construire destinés à la réalisation de copropriétés classiques, et ce afin d'éviter les lits froids. Nous avons appliqué l'article 42 de la loi Montagne en imposant des règles aux exploitants des résidences de tourisme. Nous avons favorisé l'hôtellerie, la para-hôtellerie avec, éventuellement, des résidences de tourisme. Ces dernières sont alors utiles pour payer la charge foncière de l'hôtellerie. L'enjeu était de taille puisque nous sommes en concurrence directe avec des stations autrichiennes ou suisses où la fiscalité est plus attractive. La fréquentation de Tignes, ne l'oublions pas, est constituée pour 60 % de clientèle étrangère. En 2004, ont été ainsi réalisés un hôtel neuf de 56 chambres 3***, deux hôtels 3*** complètement rénovés avec extension des chambres. Cette offre nouvelle n'a pas été pénalisante puisque, depuis, la fréquentation hôtelière a progressé de 14 % à Tignes !
Quels équipements mettez-vous en place pour consolider cette transformation ?
O.S. : La station est équipée de 300 canons à neige qui permettent d'offrir une période d'hiver du 20 octobre au 8 mai et un Domaine d'été du 18 juin au 9 septembre. Sur la période 2001-2008, nous avons programmé des investissements en matière de remontée mécanique pour assurer une meilleure rotation. A l'entrée du Val Claret, nous réalisons, pour 2006, un complexe sur 10 000 m2, avec une résidence de tourisme 4**** et un ensemble axé, entre autres, autour de la balnéothérapie. Nous développons un espace aquatiqueludique, d'un montant d'investissement de 15 Mt, avec fitness, piscine, toboggans, sur 7 000 m2 en plein centre de Tignes, et dont l'ouverture est prévue pour le 1er juillet 2006. En 2008-2009, nous réaliserons un auditorium pour accueillir des séminaires et répondre à une demande d'une clientèle d'affaires. Le résultat est là : en offre, nous sommes aujourd'hui la quatrième destination hôtelière des Alpes. |