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“La maison, toujours un produit d’avenir”
Indicateur Bertrand : Comment analysez-vous le ralentissement du marché ?
Jean-Marc Trihan : Ces dernières années, une production soutenue de logements nous a permis de rattraper notre retard. Nous revenons à un rythme de ventes plus normal, qui n’a pour l’instant rien de préoccupant : il faut 14 à 22 mois pour réaliser un programme immobilier. Avec 14 mois de stock, nous finissons de commercialiser à la fin de la construction. Il faudra néanmoins observer l’évolution du marché sur 2008. Il n’y a pas de crise de la demande, mais une crise de la solvabilité. Toute la chaîne de production (promoteurs, collectivités, État) doit s’interroger sur le coût de sortie des logements et trouver les moyens de livrer des produits plus accessibles. Mais je ne crois pas à une baisse des prix, parce que le marché régional n’a pas fonctionné sur un mode spéculatif. Il pourrait y avoir plus d’offres commerciales, certaines sérieuses, d’autres moins. Aux investisseurs d’être vigilants.
I. B. : Quels conseils pouvez-vous donner aux investisseurs ?
J.-M. T. : On n’achète pas un logement à cause d’une incitation commerciale ou fiscale. Un logement n’est pas un produit financier, mais un investissement immobilier offrant des avantages fiscaux. Avant d’acheter, il faut bien connaître les fondamentaux économiques et démographiques d’un site. J’invite les acquéreurs à étudier de près la localisation d’un programme et la qualité de son constructeur, la desserte des transports en commun et les services de proximité. C’est en se montrant sélectif que l’on réalise un bon placement, avec de vraies économies à la clé.
I. B. : Le Morbihan a “gagné” 14,4 % en 2007. Le niveau de prix est élevé sur Vannes et la côte. Avons-nous atteint des sommets ? Les acheteurs prennent-ils des risques ?
J.-M. T. : À emplacement exceptionnel, prix exceptionnel. Investir sur un bien idéalement situé ne représente pas un risque , puisqu’il est unique. Le prix du foncier sur le littoral pose néanmoins le problème du logement des actifs locaux, qui ne parviennent plus à rester sur place. Dans la majorité des communes, les maires sont très concernés par la question. Il faut intensifier les négociations entre opérateurs, propriétaires et communes. Sinon, il existe des outils pour raisonner les propriétaires, la préemption notamment. Pour l’instant, plus on s’éloigne de la ville et des côtes, plus les prix sont attractifs. Cela augmente les possibilités de produire des maisons individuelles sur de petits terrains, mais pose problème en termes de transport et d’environnement. On aurait envie de densifier les villes, mais on n’a pas encore trouvé le produit qui satisferait au mieux la demande des acheteurs. Les logements intermédiaires (logements collectifs avec un accès individuel par appartement) économisent de l’espace, mais coûtent plus cher à produire (à surface égale, environ 15 % de plus qu’une maison, et 5 à 10 % de plus qu’un appartement). L’idéal pour les primo-accédants : une maison individuelle sur un petit terrain de 200 à 250 m2, bien agencée et pensée dans le cadre d’un urbanisme réfléchi. |