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“Nous impulsons aux constructions des normes environnementales”
Indicateur Bertrand : Vous venez d'entrer en fonction à la tête de l'Etablissement public d'aménagement de Seine Arche. Cela va-t-il impacter les décisions stratégiques ?
Philippe Courtois : J'ai pris mes fonctions en décembre à la suite du décès du directeur général, mais auparavant j'étais secrétaire général de l'établissement. Je ne vois pas de raison de changer d'orientation et nous poursuivrons la même logique sur la base de l'accord conclu en 2001 entre l'Etat et la ville de Nanterre. La seule inflexion concerne les Groues, un secteur qui n'est pas opérationnel et fait l'objet de réflexions et d'études. Rien n'est décidé sur ce développement qui nécessitera un accord, peutêtre signé à la fin de l'année, entre la Ville, l'Etat, le Conseil général des Hautsde- Seine et le Conseil régional. Les Groues ajouteraient une constructibilité de 40 ha à la Zac qui en compte 125.
I. B. : Qu'en est-il des certifications environnementales ?
P. C. : En tant qu'aménageur, nous avons obtenu la certification ISO 14 001 et impulsé aux constructions des normes que la réglementation rattrape rapidement : RT 2005 moins 15 à 20 % et basse consommation dans le secteur Hoche. Compte tenu des contraintes environnementales entre autres, on ne peut plus construire au-dessous de 1 650 e/m2 : en deux à trois ans, les coûts de construction ont augmenté de 20 à 30 %. Pris en ciseaux entre l'inflation des coûts et le ralentissement des prix, des promoteurs pourraient reculer leurs lancements. En cas de crise, cependant, nous ne serions pas les premiers touchés car notre politique n'est pas spéculative.
I. B. : Votre rythme de production de logements demeure assez lent. Pour quelle raison ?
P. C. : Notre rythme se trouve en deçà de ce que le marché permet pour des raisons techniques : l'implantation des bâtiments, souvent proches des bretelles d'autoroutes et de RER, suppose de longues négociations avec les gestionnaires de réseaux, en l'occurrence la Direction des routes et la RATP. À ce jour, environ 50 % des 3 000 logements prévus sur Seine Arche ont été commercialisés, dont 40 % en locatif social et le reste en accession libre ou aidée. Ces appartements assez grands, de type familial dans l'ensemble, reviennent en moyenne à 4 500e/m2 TTC hors parking, un des prix les plus compétitifs de petite couronne. Les mêmes produits, cédés en accession sociale entre 3 000 et 3 500e/m2 sous réserve de conditions de ressources et de clauses anti-spéculatives, s'écoulent en un à deux mois. Ce sont des logements très demandés par les primoaccédants issus du locatif social et les jeunes couples d'actifs avec deux salaires. |