Indicateur Bertrand : L’UNCMI devient l’Union des Maisons françaises ? Pourquoi un tel changement de nom ?
Christian-Louis Victor : Bien plus qu’un changement de nom, il s’agit de l’engagement d’une profession auprès de ses clients, des élus et des pouvoirs publics. Nous souhaitions garder "l’Union" et rendre hommage à l’histoire même de la fédération qui s’était bâtie en rassemblant, dès les années 60. Nous souhaitions surtout réaffirmer notre volonté de fédérer autour de nos valeurs. L’Union des Maisons françaises évoque l’art de construire et d’habiter à la Française, l’art de maintenir l’accession sociale à la propriété majoritairement en maison individuelle. Elle s’accompagne également d’une nouvelle signature "Des constructeurs responsables". Cette dernière exprime la volonté de se retrouver autour d’une valeur simple mais essentielle : la responsabilité. Un constructeur responsable est celui qui construit une maison en tenant compte des évolutions politiques comportementales et environnementales. Des constructeurs qui s’engagent et qui se sentent responsables.
I.B. : Comment se porte la maison individuelle ?
C.-L.V. : La maison se porte toujours aussi bien dans le coeur des Français, elle reste le rêve idéal pour 85 % d’entre eux. L’enjeu majeur est aujourd’hui de favoriser l’accession à la propriété des primo-accédants et, particulièrement, pour les ménages aux revenus les plus modestes. Depuis 6 ans, nous assistons à une augmentation du coût de l’accession d’environ 7 % par an. Celle-ci s’explique par une multitude de facteurs : croissance des taux d’intérêt, augmentation du prix du foncier, mais aussi plus récemment, par la mise place des nouvelles normes de constructions et des nouvelles réglementations thermiques.
I. B. : Comment rendre la maison moins coûteuse ? Le PTZ vert est-il une solution ?
C.-L.V. : Face à toutes ces nouvelles normes assez drastiques et coûteuses pour améliorer les indices énergétiques des bâtiments, nous avons souhaité proposer des alternatives et apporter des contreparties financières. Le prêt à taux zéro vert a pour objectif de conforter le choix des ménages dans l’investissement du développement durable. Un premier rapport d’étape, édité au début du mois de février 2008, a repris le principe de ce prêt. Les discussions se poursuivent, il s’agit maintenant de déterminer comment il pourrait être mis en place. Rendre la maison moins coûteuse relève également de la responsabilité des constructeurs. Ils doivent notamment veiller à réduire leur délai de construction, être vigilants sur le dérapage de leur prix de revient et rationaliser leurs achats auprès des industriels, notamment sur le prix des nouveaux matériaux.
I.B. : Vous signez la charte pour la maison à 15 euros par jour. Qu’en attendez-vous ?
C.-L.V. : Il s’agit d’un dispositif plus simple et plus abouti que ne l’était celui de la Maison à 100 000 euros. Nous avons été impliqués dès le début par Christine Boutin, ministre du Logement et toute son équipe, dans la validation technique et financière de cette opération. Ce qui fait l’originalité du système, c’est qu’il est construit autour de la problématique foncière, que nous avons toujours désignée comme la condition de réussite d’un dispositif destiné à l’accession des plus modestes. La réflexion a été élaborée sur la capacité d’emprunt des ménages modestes, 15 euros par jour soit 450 euros par mois et non sur un prix annoncé de maison. Ce dispositif prend appui sur un mécanisme du Pass-foncier mis en place en depuis janvier 2007. Il permet le portage foncier du terrain qui deviendra la propriété de l’accédant modeste, une fois terminé le remboursement de l’emprunt contracté pour la construction. La maison pour 15 e par jour est un dispositif pour lequel nous sommes fortement sollicités aujourd’hui, il correspond bien à la problématique de résolvabilisation des ménages qui gagnent entre 1 500 à 2 000 euros nets par mois et qui ne peuvent pas accéder à la propriété.
I. B. : Doit-on s’attendre à une nouvelle augmentation du coût des crédits ?
C.-L.V. : Il faut rester serein sur la politique des taux. Nous devons faire face à une crise de liquidité financière, beaucoup plus qu’à une crise économique. Tout le monde a conscience de la dynamique nécessaire de relance de la consommation. Je ne vois pas d’augmentation très sérieuse du coût du crédit dans les prochains mois, mais les banques seront sans soute plus vigilantes sur le profil sérieux des consommateurs.
I.B. : Que reste-t-il à faire,8 mois après le Grenelle de l’Environnement ?
C.-L.V. : Il reste à faire ! Nous sommes aujourd’hui dans l’après Grenelle et il convient maintenant de planifier le contenu technique de ce qui a été décidé, je pense notamment aux nouvelles réglementations thermiques de 2010 et de 2012. Le Grenelle de l’Environnement a déclenché ou accéléré la prise de conscience liée aux problématiques environnementales. Celle-ci est d’ailleurs très forte chez les constructeurs et nous mesurons leur implication au travers du succès remporté par les Challenges des Maisons Individuelles que nous organisons. L’édition 2008 se déroulera à Stockholm, en novembre. |