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“La durée moyenne des prêts est de 23 ans mais la moyenne d’utilisation est de 7 ans”
Indicateur Bertrand : Constatez-vous une diminution de l'apport personnel des acquéreurs et quels conseils leurs donnezvous en la matière ?
Patrice Haubois : Effectivement, l'apport personnel des acquéreurs a diminué en raison de l'augmentation des prix de l'immobilier. Disposer de 10 000 e aujourd'hui n'a pas la même valeur qu'il y a dix ans. En outre, les loyers ont beaucoup augmenté, ce qui a aussi contribué à réduire la capacité d'épargne des acquéreurs. Cela joue sur la solvabilité des ménages. Il peut d'ailleurs arriver que nous acceptions d'aller au-delà des 33 % de taux d'endettement, mais seulement dans certains cas, par exemple lorsque nous avons affaire à des jeunes qui ont un potentiel d'évolution de leurs revenus. Quoi qu'il en soit, nous nous assurons toujours qu'ils sont éligibles à des prêts aidés comme le prêt à 0 % ou le prêt à l'accession sociale (Pas). On vérifie aussi s'ils ont droit à un financement 1 % logement. Cela fait partie de notre approche. Nous sommes des spécialistes des prêts aidés et c'est notre rôle que d'aider les emprunteurs à trouver les meilleures solutions.
I. B. : Quelle est la durée moyenne de vos crédits ?
P. H. : La durée moyenne des prêts que nous distribuons est de 23 ans. Mais la moyenne d'utilisation est nettement inférieure. Elle s'établit à 7 ans pour l'achat de petits logements. C'est logique, car nous avons affaire à des jeunes qui s'installent, puis qui vivent en couple, qui se marient... Leurs besoins changent avec l'évolution de leur vie familiale. En revanche, cette durée est portée à 15 ans pour les couples qui achètent une maison. Ils s'installent davantage dans la durée pour un tel projet.
I. B. : Vous proposez le financement des jeunes ménages sur des durées pouvant aller jusqu'à 40 ans. Cela fonctionne-t-il ?
P. H. : Pour le moment, nous en produisons assez peu. Ce financement serait valable pour les ménages qui font construire et qui ont accès au prêt à 0 % et au prêt à l'accession sociale (PAS), mais en réalité la limite à 30 ans du PAS est un écueil. De fait, les financements sur 40 ans ciblent davantage les jeunes couples qui démarrent dans la vie et qui achètent de petites surfaces. Ils font leurs comptes et si la mensualité est moins chère que leur loyer, ils achètent. Quoi qu'il en soit, il n'est plus possible d'allonger indéfiniment la durée du crédit pour solvabiliser les acquéreurs. Même en allongeant la durée des prêts, on ne parvient plus à les solvabiliser. |