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Assurément, la très forte hausse des taux révisables, les rend beaucoup moins attractifs aujourd’hui. D’où un plébiscite pour les taux fixes bien que leur remontée soit également très sensible. Certains banquiers avancent toutefois qu’ils sont rigides et pas forcément sans risque. Bien sûr, ceux qui ont eu la mauvaise idée d’emprunter à 10 % au début des années 90 s’en sont sans doute mordus les doigts dans la mesure où ils n’ont pu bénéficier des fortes baisses enregistrées sur les taux révisables. Mais l’argument ne vaut pas aujourd’hui puisque les taux sont relativement abordables. Rien de tel, en effet, qu’un taux dont on est sûr qu’il n’évoluera pas durant 15, 20 ou 30 ans. Avec des taux autour de 4 %, on a peu de chance de le regretter. Reste que de tels barèmes sont désormais réservés aux emprunteurs disposant du meilleur “scoring” et n’empruntant pas à trop long terme. Ceux qui ont un profil moins favorable et qui cherchent à emprunter sur 25 ou 30 ans, peuvent s’attendre à des taux supérieurs. Sur 20 ans, le taux servi oscille, selon Meilleurtaux. com, entre 4,05 et 4,20 % ; sur 25 ans, entre 4,15 et 4,30 % et sur 30 ans entre 4,35 et 4,55 %. Quant à ceux qui envisagent d’emprunter sur 40 ou 50 ans, les taux s’envolent à 5 % et plus. Même à taux révisable ! “Le vrai problème est celui du décalage entre les prix de l’immobilier et le pouvoir d’achat des acquéreurs, explique Jean-Pierre Bourgeois de l’UCB, on essaie de trouver des solutions qui sont toutefois réservés aux emprunteurs très jeunes. Ils ont le choix de rester locataire ou d’acheter avec de plus petites mensualités”. Le Crédit Immobilier de France propose désormais une durée pouvant aller jusqu’à 40 ans, la Kutxa banque (établissement espagnol) qui distribue ses crédits (en dehors du Sud-Ouest) par le courtier Cafpi, jusqu’à 50 ans. “En 10 ans, les prix de l’immobilier ont été multipliés par deux, alors que le pouvoir d’achat des primo accédants ne progressait que de 25 %”, plaide Jean- Pierre Bourgeois. Pour Geoffroy Bragadir, le président du directoire d’Empruntis, cet allongement inéluctable des prêts n’est pas forcément la panacée. Surtout pour les familles modestes. “Pour un prêt de 150 000 z sur 50 ans à 4,90 %,l’emprunteur n’aura remboursé, au bout de 5 ans que 3 % du capital. A titre de comparaison, sur 35 ans, il aura payé 7 % du capital et sur 15 ans,27 %.Quant au coût du crédit, il est faramineux :252 000 z pour un prêt sur 50 ans contre 150 000 sur 35 ans ou 49 700 sur 15 ans”. Conclusion, un couple qui loue un appartement à 1 000 e par mois devra débourser 1 240 e pour se rendre propriétaire du même bien, soit 240 e d’écart. Reste la déductibilité des intérêts d’emprunt qui adoucira forcément la note. “En adoptant sa mesure fiscale de déduction des intérêts d’emprunt, le gouvernement Sarkozy fait pencher la balance en faveur des propriétaires. Un locataire paie son loyer 12 mois sur 12, un propriétaire ne paiera ses mensualités qu’environ 11 mois sur 12, conclut Meilleurtaux.com, elle contribue à générer une nouvelle demande pour l’accession à la propriété en poussant les locataires à avancer dans leur projet”. |