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“Nous menons un projet de rénovation urbaine sur trois axes”
Indicateur Bertrand : Quelle est la politique de l'habitat au sein de l'agglomération ?
Jean-Paul Alduy : La communauté d'agglomération est récente et la compétence logement ne date que d'un an. Avec 120 000 habitants à Perpignan, nous avons un problème spécifique car, historiquement, 85 % du logement social de ce territoire sont concentrés, sans compter la présence de tout un habitat social urbain de fait. Hormis Perpignan, aucune commune n'atteint le seuil de 10 % de logements sociaux sur son parc. Au niveau de l'agglomération, nous avons mis en place une planification spatiale et nous travaillons sur une politique de développement durable à travers le concept de l'archipel. Il existe des coupures vertes entre Perpignan et les autres communes, des parcelles agricoles, des espaces naturels périurbains. Chaque village est une île, avec ses avantages en terme de démocratie sociale et chacune de ces îles fait partie d'un archipel, avec son bassin d'emploi, ses équipements culturels... Pour gérer cet archipel en matière de développement durable, nous avons mis en place une politique foncière, notamment avec la création d'un Fonds d'intervention foncière et la création d'un Etablissement public foncier local.
I. B. : Quelle est la politique de rénovation urbaine menée à Perpignan ?
J.-P. A. : Si, dans le cadre de la rénovation urbaine menée dans certains quartiers de Perpignan, nous desserrons la concentration de la précarité sans donner une autre image du logement social, cette politique ne pourra pas réussir au niveau de la communauté d'agglomération. Nous menons un projet de rénovation urbaine sur trois axes : vers les barres et les tours, vers les copropriétés dégradées et vers une reconquête du centre-ville. Cette étape est nécessaire avant d'unifier l'économie urbaine en la fondant sur le concept d'archipel.
I. B. : L'accession sociale est-elle l'une de vos priorités ?
J.-P. A. : C'est un problème redoutable, d'autant que les prix sont élevés. Il est difficile, même en collectif, de se situer en dessous de 150 000 à 170 000 e et, pour s'adapter aux faibles revenus de la population locale, l'idéal serait d'être proche d'un budget maximal de 100 000 e, ce qui n'est pas aujourd'hui envisageable. Nous souhaitons que des programmes conçus sur cette base de prix ainsi que des opérations réalisées avec une proportion de PLS permettent de satisfaire une partie de la population. |