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et PDG de JL Promotion
“Le marché du neuf reste soutenu”
Indicateur Bertrand : Le marché des villes de bord de mer obéit-il à une logique particulière et se distingue-t-il des autres ?
Jean-Luc Pronier : Plutôt que d'un marché de bord de mer, il convient de parler de micromarchés très dynamiques. Il faut tout d'abord distinguer le marché des grandes agglomérations en bord de mer ou à proximité immédiate, comme Le Havre ou Caen, et celui des plus petites villes du littoral. L'attrait de la mer est immense et la demande soutenue, pour des produits en front de mer. Dans ce cas, le marché n'obéit plus à aucune logique et laisse place à une démarche de coups de coeur des acquéreurs, qui sont prêts à payer le prix fort pour voir la mer de chez eux. Il s'agit alors d'achats de résidence principale. A quelques kilomètres de Caen, on trouve une clientèle qui se répartit entre propriétaires occupants de la région caennaise et résidences secondaires. Dans les petites communes et les stations balnéaires, la proportion de résidences secondaires augmente. Là encore, il faut distinguer certaines villes particulièrement prisées comme Deauville et ses alentours, où les prix peuvent atteindre jusqu'à 6 000 e/m2. Dans le sud de la Manche, c'est la région de Granville est qui surnommée "la Monaco du Nord".
I. B. : Est-il facile de proposer du neuf dans les communes de bord de mer ?
J.-L. P. : Il n'est pas plus facile de proposer du neuf dans les communes de bord de mer qu'ailleurs. En effet, le foncier y est souvent encore plus rare qu'ailleurs et atteint des prix très élevés. De plus la réglementation y est encore plus contraignante avec notamment la Loi littoral. De ce fait, le peu d'opérations qui sortent trouve très vite preneurs, à des prix qui peuvent atteindre le double de la moyenne régionale.
I. B. : Plus généralement, qu'est-ce qui caractérise aujourd'hui le marché du neuf dans votre région ?
J.-L. P. : Hormis le cas particulier de la côte dont nous avons parlé, le marché du neuf reste soutenu, compte tenu d'une demande plus forte que l'offre. Le nombre d'opérations qui sortent reste en effet globalement insuffisant pour faire face à la demande. Cela s'explique par la rareté des fonciers, mais aussi par la difficulté qu'ont parfois les villes dans la mise en place de leurs documents d'urbanisme. Compte tenu de cette disparité entre l'offre et la demande, de l'augmentation des coûts des fonciers et des coûts de construction, notamment avec une réglementation de plus en plus contraignante (RT 2005, nouvelle réglementation handicapés, etc.), les prix continuent à progresser. Même si cette progression devient plus modérée, cela ne devrait pas s'arrêter tant que l'offre sera inférieure à la demande. Pour ce qui est du type d'acquéreur, les investisseurs semblent en position d'attente ces derniers temps. Nous restons cependant confiants car en confrontant les nouvelles mesures fiscales aux niveaux de prix dans notre région, les investisseurs ne manqueront pas d'y saisir de belles opportunités de rentabilité. |