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Indicateur Bertrand : Comment s'annonce l'année 2007 pour l'immobilier neuf dans votre région ?
Jean-Luc Pronier : Elle s'annonce plus calme, à l'image de l'année 2006 qui se termine. Les rythmes de commercialisation ont tendance à ralentir pour deux raisons. D'abord le nombre d'opérations qui sortent est moins élevé. De plus, les nouveaux dispositifs de défiscalisation entraînent une période d'attentisme pour les investisseurs. Dans nos régions, ils représentent 40 à 45 % des acquéreurs et en ce moment, nous en voyons moins dans nos bureaux de vente. Tout cela fluctue en fonction des opérations et nous savons que plusieurs permis sont déjà dans les circuits pour 2007. Je ne suis pas inquiet : les investisseurs vont revenir une fois qu'ils auront intégré les nouvelles règles. De plus, les taux d'intérêts toujours bas et les rallongements de durée des prêts contribuent à relancer la dynamique générale.
I. B. : L'évolution des prix décourage-t-elle les acheteurs ?
J.-L. P. : Pour que les investisseurs soient présents, il faut que le marché ne soit pas trop déconnecté des nouvelles règles de défiscalisation. De ce point de vue, les prix pratiqués en Normandie permettent encore de bonnes rentabilités. Notre marché est très diffus, mais dans les grandes villes - Caen, Le Havre et Rouen - la moyenne des prix n'a pas dépassé les 3 000 à 3 200 e/m2. Quant au marché des communes plus petites, il n'attire pas encore les investisseurs. La côte est un marché à part, qui obéit à des logiques d'opportunités. Le foncier y est très rare, il y a donc peu d'opérations. Cela dit, c'est un marché porteur et une opération avec vue sur mer trouvera toujours des acheteurs, même à 4 000, voire 5 000 e/m2. Il s'agit d'un achat plaisir. On y trouve une catégorie de "faux" investisseurs, qui mettent leur bien en location et profitent de la défiscalisation dans un premier temps, pour ensuite l'habiter à l'heure de la retraite. Ils sont prêts à perdre un peu de rentabilité pour acquérir un appartement qui leur plaît vraiment.
I. B. : Constatez-vous une accalmie de la hausse des prix ?
J.-L. P. : Dans le neuf, il faudrait plutôt parler de stabilisation. Les hausses vont probablement ralentir à l'avenir, sous peine d'aller au-delà de la solvabilité des acheteurs. Mais il n'y aura pas de diminution car l'offre est insuffisante. Les projets sont peu nombreux dans les grandes villes, à cause du manque de foncier, des temps de sortie toujours plus longs des opérations, sans oublier certains PLU, qui ne sont pas finalisés. Les nouvelles réglementations, la concurrence sur le foncier : tout cela pèse sur la production et les promoteurs réduisent leurs marges pour ne pas laisser les prix de sortie s'envoler. Le problème est national. Nous savons que la production de logements de ces dix dernières années est insuffisante au regard des besoins. Les mesures prises par Jean-Louis Borloo contribuent à débloquer un peu cette situation. Pour que les prix baissent, il faut mettre plus de logements sur le marché. Et par ailleurs, il faut augmenter la solvabilité des acquéreurs, grâce au rallongement de la durée des prêts. |